– 16 août 2026
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Libérer pour mieux partager : les ressources éducatives libres en quatre étapes
Les personnes conseillères pédagogiques créent constamment des ressources utiles : guides, gabarits, infographies, formations, plans-cadres, outils d’évaluation. Pourtant, la majorité de ces productions restent confinées à un SharePoint institutionnel ou à un dossier personnel.
Et si partager ces ressources avec l’ensemble de la communauté était non seulement possible, mais simple ?
C’est l’invitation qu’ont lancée Marianne Dubé, conseillère pédagogique à l’Université de Sherbrooke, Miguel Escobar, bibliothécaire à la même université, et David Laplante, conseiller pédagogique au Cégep de Sherbrooke, lors de leur atelier pratique au RVCP26.
Les REL : partager ce que l’on crée, sans réinventer la roue
Une ressource éducative libre (REL) est toute ressource utilisée en contexte éducatif qui est disponible sous une licence libre permettant à d’autres personnes de la réutiliser, de l’adapter et de la modifier sans avoir à demander de permission préalable.
Les exemples sont nombreux et variés : manuels, scénarios pédagogiques, grilles d’évaluation, capsules multimédias, infographies, arbres décisionnels.
Le constat posé d’entrée de jeu par les présentateurs est limpide : les personnes conseillères pédagogiques travaillent toutes sur les mêmes enjeux, produisent souvent les mêmes types de ressources, et pourtant réinventent fréquemment la roue.
Partager ce qu’on crée, sous une licence qui en autorise l’adaptation, permettrait à l’ensemble de l’enseignement supérieur d’avancer plus rapidement et plus efficacement. Un exemple frappant a été cité : un document sur les balises d’utilisation de l’IA, produit à l’Université de Sherbrooke, a été téléchargé plus de 16 000 fois en deux ans sur la plateforme Zenodo.
Comprendre les licences Creative Commons
L’atelier a d’abord proposé un survol des fondements juridiques nécessaires. En l’absence de licence explicite, c’est le droit d’auteur classique — le Copyright — qui s’applique par défaut, réservant tous les droits à l’auteur ou l’autrice.
À l’opposé, le domaine public regroupe les oeuvres dont le droit d’auteur est expiré ou auquel il a été renoncé. Entre les deux se situent les licences Creative Commons, qui permettent à l’auteur ou l’autrice de définir à l’avance les conditions d’utilisation de son oeuvre.
Les licences Creative Commons combinent quatre éléments principaux. L’attribution (BY), toujours présente, oblige à créditer l’auteur ou l’autrice. L’élément NC (non commercial) restreint l’utilisation à des fins non lucratives. L’élément SA (partage à l’identique) impose que toute version dérivée soit diffusée sous la même licence.
Enfin, l’élément ND (pas de modification) interdit les adaptations — ce qui exclut la ressource du champ des REL proprement dites, puisque la possibilité de modifier est constitutive de la définition.
Un exemple concret a illustré la puissance de cette mécanique : un arbre décisionnel produit au Cégep Marie-Victorin en 2017 sous licence CC BY-NC-SA a depuis été adapté par plusieurs établissements, traduit en anglais, transformé en Genially interactif et décliné pour différents cycles d’études — chaque version citant la précédente, permettant ainsi de retracer toute la chaîne de création.
Main sur les touches : mettre une licence en pratique
La deuxième partie de l’atelier a été consacrée à une mise en pratique directe. Les participantes et participants ont été invités à ouvrir une ressource de leur choix et à traverser les quatre étapes proposées :
- Vérifier l’autorisation institutionnelle de diffuser la ressource sous licence libre;
2. Choisir la licence appropriée via l’outil en ligne de Creative Commons;
3. Apposer l’iconographie et la définition correspondantes;
4. Identifier correctement les composantes externes selon le format TASL (titre, auteur, source, licence).
Des questions pratiques ont émergé naturellement : que faire lorsqu’une ressource contient des logos de marques déposées, ou lorsqu’on s’est inspiré d’une oeuvre sous droit d’auteur ?
Les présentateurs ont rappelé que l’inspiration et la réutilisation sont deux choses distinctes, que l’utilisation équitable prévue par la loi canadienne sur le droit d’auteur s’applique dans des contextes éducatifs bien délimités, et que lorsque le doute subsiste, contacter l’auteur ou l’autrice par écrit reste la meilleure approche — et souvent la plus fructueuse.
Un point d’attention important a été soulevé concernant les personnes conseillères pédagogiques elles-mêmes : dans la plupart des établissements, les productions professionnelles appartiennent à l’institution, non à la personne qui les a créées. Il est donc essentiel de valider avec sa direction avant d’apposer une licence, ou mieux, de s’informer de l’existence d’une politique institutionnelle sur les REL.
Zenodo et la collection Bib-CP : un espace commun pour déposer et trouver
Pour terminer, les présentateurs ont présenté Zenodo, la plateforme de partage sur laquelle ils ont eux-mêmes déposé leur support de présentation. Une collection dédiée aux bibliothécaires et aux personnes conseillères pédagogiques — Bib-CP — y existe déjà, avec des ressources déposées par des établissements universitaires et collégiaux.
L’invitation est ouverte à toute la communauté de l’enseignement supérieur québécois pour enrichir ce répertoire commun.
L’atelier se concluait sur une conviction partagée : libérer ses ressources n’est pas une perte de contrôle, c’est un geste de confiance envers une communauté qui partage les mêmes objectifs. Et chaque ressource ainsi partagée est une roue que quelqu’un d’autre n’aura pas à réinventer.
Le présent article est un résumé d’atelier en ligne, réalisé par une intelligence artificielle. Si vous identifiez une erreur, n’hésitez pas à nous le faire savoir!

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