Quand la cape se déploie

Synthèse de la table ronde d’ouverture — RVCP 2026

Mercredi 13 mai 2026 

Pour nous, i-mersion CP, le RVCP est d’abord un moment de retrouvailles. Après une année de collaborations en ligne, le mercredi 13 mai marquait enfin le temps des visages, des conversations en personne et des liens qui se tissent autrement qu’à travers un écran.  

Pour ouvrir ce rassemblement sous la thématique L’art du possible, nous avons choisi de commencer par ce qui nous tient le plus à coeur : les gens. Pour la table ronde d’ouverture, intitulée Quand la cape se déploie, cinq conseillères pédagogiques avaient accepté de prendre la parole — non pas pour partager un cadre théorique ou présenter un projet, mais pour raconter. Raconter ce qui les a ébranlées, ce qui les a transformées, et ce qui, au bout du compte, a révélé quelque chose qu’elles ne savaient pas encore d’elles-mêmes.  

Autour de la table : Gabrielle Léonard-Benoit, conseillère pédagogique responsable du développement de l’offre de formation et de l’animation pédagogique au Service de soutien à la formation de l’Université de Sherbrooke; Catherine Leger, conseillère en soutien à la réussite aux Services à la communauté étudiante de HEC Montréal; Annie Lapierre, jusqu’à tout récemment conseillère pédagogique et enseignante au collégial en éducation spécialisée en territoire atikamekw, à Opitciwan; Azra Khanpedagogical counsellor à l’Office of Academic Development du Dawson College; et Marie-Dominique Duval, conseillère pédagogique pour i-mersion cp et chargée de cours à l’Université de Sherbrooke. 

Chacune avait son nom de superhéroïne. Chacune avait aussi son histoire. 

Des parcours qui forcent le respect 

Les histoires racontées étaient différentes les unes des autres, mais elles partageaient une même matière : des épreuves traversées, des moments de doute profond, et quelque chose qui a tenu malgré tout — souvent grâce aux autres, parfois grâce à soi, mais rarement seule. 

Catherine Leger — CATalyste — a dû réinventer entièrement sa vie après un tournant difficile et inattendu. Ce que cette expérience lui a révélé, c’est une force qu’elle ne se connaissait pas : son intelligence. Dans sa pratique aujourd’hui, c’est la qualité de la relation qu’elle met au centre : cette capacité à créer une égalité immédiate, une zone de confiance où ses étudiants et ses collègues se reconnaissent en elle. 

Gabrielle Léonard-Benoit — Adaptatia — a mené des chantiers institutionnels d’envergure, à une cadence et une intensité qui épuisent. Ce qui la caractérise, c’est une humilité qui a frappé l’auditoire : elle peine à se voir comme une héroïne dans cette histoire, et c’est précisément cela qui dit quelque chose d’essentiel sur ce que signifie bien faire son travail de CP — le projet réussi est celui qui appartient aux équipes, celui qui continue sans nous. 

Annie Lapierre — Visible Woman — a observé des enseignants en grande souffrance dans des environnements où la technologie prenait toute la place et laissait peu d’espace pour l’humain. Elle a conceptualisé et nommé ce que personne ne nommait encore : quand la relation est évacuée, l’anxiété s’installe, la rigidité suit, et l’enseignement devient insupportable. Elle a élaboré sur le concept d’humilité pédagogique. Son propos a résonné fort. 

Azra Khan — Rani Pedagogy — est partie d’une question collective et a créé quelque chose qui n’existait pas : un espace de solidarité entre CP de collèges anglophones qui a fini par transformer des pratiques et ouvrir un vrai dialogue avec les directions. Un geste fondamentalement ancré dans la conviction que les gens font mieux quand ils ne travaillent pas seuls. 

Marie-Dominique Duval — Marisilience — a traversé une période personnellement très difficile, qui l’a amenée à tout remettre en question, jusqu’à sa place dans le milieu et dans le monde. Elle a nommé, avec une franchise et une transparence, ce qu’on dit rarement à voix haute dans un espace professionnel. Et ce qu’elle a découvert de l’autre côté, c’est une capacité à naviguer les changements — non plus en les subissant, mais en les habitant. 

Ce que les gens ont retenu

La salle a répondu à cette ouverture avec une chaleur qui ne s’est pas dissipée de sitôt. Les commentaires recueillis après la table ronde disaient tous à peu près la même chose : les gens avaient été touchés. Plusieurs s’étaient reconnus dans ces récits — dans les doutes, dans les traversées difficiles, dans cet écart entre ce qu’on accomplit et ce qu’on est capable de voir en soi. Quelque chose d’émouvant s’était passé, quelque chose de rare dans un congrès professionnel : la permission de dire qu’on a failli, et d’être quand même là. 

Ce qui a aussi émergé de la salle, c’est que les histoires racontées n’étaient pas des exceptions. Elles ressemblaient à ce que plusieurs vivent, en silence. Les entendre nommées, à voix haute, collectivement, a créé quelque chose. Une reconnaissance. Une légitimité, et un peu de légèreté, peut-être. 

Cinq mots pour porter la cape

La table ronde s’est terminée par une invitation : en une phrase, que dire aux superhéros dans la salle pour qu’ils et elles osent porter leur cape? 

Les réponses, dans leur diversité, composent ensemble quelque chose qui ressemble à un manifeste discret. 

Catherine : Se faire confiance et ne pas avoir peur de tomber. Parce que tomber n’est pas une fin — c’est parfois le début d’un chemin qu’on n’aurait jamais imaginé emprunter. 

Gabrielle : Exercer son leadership pédagogique d’être alignée avec les gens pour qui et avec qui on ose de grands changements. C’est de prendre le temps d’être à l’écoute, de recevoir, d’entendre et de tenir compte des personnes humaines qui nous entourent dans notre façon de piloter des grands changements. 

 Annie : Défendre la sobriété numérique. Parce que dans la tempête numérique qui nous submerge, oser ralentir et prioriser la relation humaine, c’est déjà un acte courageux. 

Azra : Oser prendre la parole et se tenir pour ses collègues. Ne pas attendre que quelqu’un d’autre le fasse. 

Marie-Dominique : Oser être soi-même, être en accord avec ses valeurs. Be queer, be bold, be strong. 

Cette table ronde aura posé le ton du congrès avec justesse : non pas en célébrant des performances, mais en nommant ce qui se passe vraiment dans le quotidien des conseillères et conseillers pédagogiques. Ce qu’on a entendu ce matin-là, c’est que la cape ne surgit pas dans les grands moments de gloire — elle se déploie dans les failles, dans les traversées, dans tout ce qu’on a dû apprendre à porter avant de pouvoir le mettre au service des autres. 


Déclaration d’utilisation de l’IAg 

Contactez-nous!

Contactez-nous!

Contactez-nous!

Contactez-nous!

Contactez-nous!